Le Pays des autres

Le Pays des autres

Leïla Slimani

Gallimard

  • 27 juillet 2020

    En 1944 à Mulhouse, Mathilde épouse Amine. Ils partent au Maroc dans une ferme isolée.
    Ils auront deux enfants.
    Dix ans plus tard, des affrontements violents opposent Marocains et Français.
    Entre Mathilde et Amine, s’il y a bien des différends, il y a aussi beaucoup d’amour et d’admiration.
    Mathilde est une femme forte, déterminée.
    Amine est obstinément courageux et volontaire.
    J’ai eu le sentiment de vivre un moment au Maroc avec eux.
    C‘est vraiment un très beau roman.
    Tous les sentiments sont parfaitement rendus.
    L’atmosphère évolue au gré des évènements.
    L’écriture est simple et belle.
    C’est une belle démonstration des ravages du racisme.
    Pour nombre de personnes amenées à s’exiler pour une raison ou une autre, il arrive un moment où il est bien difficile de savoir où se sentir dans son pays.
    Je ne sais pas quelle réticence incompréhensible ne me poussait pas vers ce livre.
    Comme quoi il faut se méfier de ses préjugés.


  • par (Libraire)
    8 mai 2020

    Puissant !

    Une grande et belle fresque historique, politique et féministe. Agnès.


  • par (Libraire)
    8 mai 2020

    coups de coeur de SOPHIE

    Nous sommes en 1946 et la jeune alsacienne Mathilde vient d’épouser son amoureux Amine, un spahi marocain venu délivrer la métropole. Ils partent construire leur avenir au Maroc où la jeune femme se voit déjà comme une héroïne de Karen Blixen …
    Or rapidement le couple mixte va devoir affronter les contraintes et les différences culturelles et religieuses sur toile de fond de décolonisation .
    Après le prix Goncourt « Chanson douce » , l’auteur nous propose ici le premier volet de ce qui sera une trilogie et qui est inspiré par l’histoire de ses grands parents qui ont du affronter le mépris des colons mais aussi celui des nationalistes qui refusait toute référence à la France …
    Roman passionnant qui met en lumière à travers cette saga familiale la difficulté mais aussi la richesse du métissage dans un contexte politique tendu et surtout il nous brosse le portrait de personnages à la fois attachants et déboussolés qui se doivent de choisir sans renoncer …


  • par (Libraire)
    6 mai 2020

    Après " Dans le jardin de l'ogre" et "Chanson douce" Leila Slimani revient en force avec ce nouveau roman.
    .
    Mathilde la belle alsacienne tombe amoureuse d'Amine un marocain engagé dans l'armée française.
    Après la Libération le couple s'installe au Maroc à Meknès. Pour la jeune femme c'est la désillusion totale... Elle ne trouve pas sa place dans ce pays qui n'est pas le sien...
    .
    Leila Slimani nous offre une fresque délicate du Maroc colonnial des années 1950 à travers l'histoire intime d'une famille.
    Un premier volet passionnant, on a hâte de découvrir la suite ! 😊
    .
    Conseillé par Chloë


  • par (Libraire)
    27 avril 2020

    Ecrire une saga familiale, voici le défi romanesque que Leila Slimani a su s'imposer et qu'elle relève ici avec talent.
    Empreinte d'une grande sensualité et d'une empathie manifeste pour ses personnages, l'auteure nous entraîne sur les traces de Mathilde, une femme, à la fois forte et fragile.

    Dans le premier volet de cette trilogie, notre cœur bat à l'unisson de ce personnage aux multiples facettes.

    On attend avec impatience la suite de ce roman-fleuve où la petite histoire côtoie la grande, avec panache mais sans grandiloquence.

    Un véritable bonheur de lecture.


  • par (Libraire)
    24 avril 2020

    Leïla Slimani fait de l’histoire de sa famille un roman. Elle débute ici par l’arrivée au Maroc de sa grand-mère Mathilde, jeune femme alsacienne tombée amoureuse d’un officier marocain en garnison près de chez elle pendant la guerre. Mathilde espère et attend beaucoup de cette vie qui s’offre à elle. Elle va rapidement se rendre compte que rien ne sera facile pour elle mais aussi pour ses enfants Aïcha et Selim.
    On a forcément de l’empathie pour Mathilde qui ne s’attendait pas à vivre cette vie là et pour la petite Aïcha véritable boule de nerf et d’obstination que l’on attend dans le deuxième opus de cette trilogie. Un très bon roman à lire comme une grande saga familiale avec en toile de fond la vie quotidienne pendant les années 1950 au Maroc.
    Valérie


  • par (Libraire)
    20 avril 2020

    Un pari ambitieux et réussi !

    Slimani entreprend de nous raconter l'histoire d'un couple mixte au Maroc juste après la seconde guerre mondiale. Chacun tente de réaliser ses rêves : Amine et sa ferme modèle, Mathilde et sa famille qu'elle veut la plus normale possible, les colons et leur société modèle, les colonisés et leur indépendance… et ces rêves s'entrechoquent, détruisant ceux des autres.
    Les personnages de Leila Slimani vont vous hanter longtemps : notamment les femmes. En effet, Slimani nous raconte aussi une société d'hommes (que ce soient les colons ou les colonisés) qui oppriment la gente féminine, par amour parfois, par habitude le plus souvent !
    J'ai hâte de lire la suite !!!
    Librairie La Promesse de l'Aube


  • par (Libraire)
    14 avril 2020

    Alsace, 1944, Mathilde tombe amoureuse d'Amine, soldat marocain venu défendre les couleurs du drapeau français. Trois ans plus tard, le jeune couple s'installe dans une ferme prés de Meknès. Mathilde découvre une culture, mais aussi un homme qu'elle ne connaissait finalement pas ou si peu...
    Leïla Slimani s'inspire de la vie de ses grands-parents et nous offre une histoire, un récit, des personnages qui évoluent au fil des traditions ancestrales et culturelles.
    Un premier tome réussi mêlant histoire familiale et bouleversements historiques.


  • par (Libraire)
    13 avril 2020

    A la fin de la Seconde Guerre Mondiale Mathilde, une jeune Alsacienne fête avec tout le reste de la population les libérateurs arrivés jusqu’à leur village et, parmi eux, Amine, un soldat Marocain de l’armée française. Son désir de lui est immédiat et balaie tous les préjugés de son temps : ils se marient et partent faire leur vie au Maroc. Là, tout s’avère différent, Mathilde qui a épousé un Arabe et vit au sein de sa belle-famille doit apprendre d’autres coutumes, doit trouver une place qui ne lui est pas donnée par les conventions de la société coloniale. Amine rêve d’un domaine agricole aussi vaste et prospère que ceux des colons, travaille jour et nuit à réaliser ses ambitions tandis que Mathilde, recluse dans la vie domestique, elle, rêve d’émancipation pour ses enfants. La vie passe faite d’amours et de combats quotidiens au gré des aléas de la grande Histoire.
    Leïla Slimani avec son art de la narration et de psychologie invente une fresque riche en personnages frémissants de mille désirs ; elle dépeint un monde ambigu et complexe où les frontières entre le bien et l’injuste ne recouvrent pas exactement celle du colon et du colonisé. Cette fresque de la fin de la colonisation raconte à merveille le destin d’un couple, mixte et de leur enfants métisses. Avec Leïla Slimani on avance dans l’intimité de leurs luttes, de leurs défaites et de leurs espoirs… Les lecteurs attendront avec impatience la suite de ces inextricables passions.


  • par (Libraire)
    13 avril 2020

    ETRE CHEZ SOI NULLE PART

    Mathilde, Alsacienne, se marie avec Amine, Marocain rencontré pendant la Seconde guerre mondiale, durant laquelle il est venu combattre pour la France. Ils vont vivre au Maroc après la guerre, où Amine a hérité d'une propriété agricole un peu caillouteuse et desséchée près de Meknes. Le métier d'exploitant agricole va se révéler ardu avec, en plus, les riches colons autour. Mais Amine rencontrera un riche mécène et il sera aidé par un ancien camarade soldat. Ils auront deux enfants mais Mathilde va avoir du mal vis-à-vis des traditions ancestrales très machistes.
    Superbe roman qui sera suivi de deux autres volets. On est impatient de lire la suite !


  • par (Libraire)
    9 avril 2020

    Conseillé par Lyonel

    Franchir le cap, tendre vers un ailleurs et un autre style. Voilà les premières impressions de ce cycle romanesque - qui se formulera sous forme de trilogie - de Leïla Slimani. On ne retrouvera pas ici, la prose sèche et précise de ses deux premiers livres. On rencontre plutôt un souffle intense et un plaisir narratif, une boulimie des descriptions - le sensualisme exacerbé des paysages et des personnages est particulièrement pénétrant - et une métamorphose qui nous ferait passer de la sobriété inquiète de l’œuvre de Kundera au foisonnement épique d’un Tolstoi. Slimani mêle subtilement son univers intime avec la grande fresque historique. Le personnage de Mathilde doit franchir cette intrigante passerelle : l’autre. L’autre et son pays, ses secrets. Cette jeune Alsacienne qui suivra sa passion - Amine Belhaj et Meknès, sa ville - éprouvera avec intensité ce que c’est que franchir le cap du pays de l’autre. Un roman bouleversant et retentissant.


  • par (Libraire)
    3 avril 2020

    1944, une jeune alsacienne Mathilde tombe amoureuse d'un soldat marocain Amine, combattant dans l'armée française. A la libération, ils partent s'installer au Maroc dans une ferme non loin de Meknes où tout reste à bâtir.
    Loin de sa terre natale, Mathilde va découvrir "le pays des autres" avec son quotidien, son langage, son climat...De son côté, Amine tient à respecter la culture et les traditions de ses origines.
    Comment ce couple au départ très uni, va vivre pendant les dix années avant la proclamation de l'indépendance de ce pays ?
    Inspiré de son histoire familiale, ce roman ne laisse pas indifférent ! "Le pays des autres " oscille entre contrastes et identités sans jamais sombrer dans le lyrisme. Le talent de Leila Slimani dans un style romanesque fluide, pertinent et engagé met en exergue des sujets sensibles tels que : l'exil, la liberté, la religion, les relations dans le couple, les relations familiales, l'éducation, la mixité, la colonisation, le pouvoir politique, le racisme.
    Servi par des personnages aux caractères bien trempés et néanmoins attachants, ce premier volet de la trilogie mérite amplement la distinction d'œuvre littéraire magistrale !


  • par (Libraire)
    2 avril 2020

    Laissez-vous embarquer...

    Encore une fois, Leïla Slimani nous entraîne dans un monde à part, cette fois-ci au Maroc. Elle entame une trilogie familiale, romançant l’histoire de ses grands-parents : lui soldat marocain venu combattre sur le front de la seconde guerre mondiale, elle jeune alsacienne qui le suivit ensuite au Maroc où ils s’installèrent dans une ferme isolée, dans un contexte de révolte pour l’indépendance du pays. On plonge dans leur quotidien, leurs contradictions ; « le pays des autres » car ils sont tous deux étrangers : ni tout à fait marocain pour Amine après son passage en France, ni tout à fait marocaine pour Mathilde malgré des années de vie au Maroc. On se laisse embarquer par le quotidien de ce couple et par l’écriture de Leïla Slimani.


  • par (Libraire)
    31 mars 2020

    En 1944 quand Mathilde épouse Amine jeune marocain combattant de l'armée française, elle est très loin d'imaginer la vie qui l'attend une fois arrivée dans leur ferme à Meknès.
    Une existence isolée de tout et de tous, une vie de recluse enfermée avec ses enfants à qui elle ne peut offrir ce dont elle a rêvé pour eux.
    Elle comprend très vite que sa relation de couple sera compliquée car confrontée à la différence de culture et de milieu social.
    Et pourtant Mathilde se bat, elle fait preuve de courage , d'opiniâtreté, de volontarisme, mais elle se heurte sans cesse au jugement et à l'incompréhension des autres.
    Un récit passionnant, pertinent, un récit qui tisse en toile de fond un court moment de l'histoire du Maroc et un très beau portrait de femme. Car ce roman est avant tout un hommage à une grand-mère follement moderne.
    Enfin un récit terriblement romanesque qui révèle le véritable talent de conteuse de Leila Slimani.
    Vivement la suite!


  • 23 mars 2020

    Avec "le Pays des Autres" , sur le thème très en vogue de la décolonisation, L. Slimani constuit une saga appétente, une fresque Marocaine, où les personnages sont dégrossis à la serpe, et ne bousculent guère nos représentations collectives sur le Maroc et le Maghreb.
    Au lecteur attentif, et un peu ancien, il ne devrait pas échapper quelques réminiscences d'"Autant en emporte le vent", même si la Mathilde de L. Slimani, un peu rugueuse, un peu rustique, est loin d'être aussi séduisante que l'inoubliable Scarlett, chipie aussi insatiable qu'attachante ...
    Sur le même sujet, version Algérie, on ne peut s'empêcher d'évoquer "L'art de perdre" d'Alice Zéniter, une approche plus subtile, plus intime, et émotionnellement plus juste, si bien que le lecteur en sort ''changé''.

    De l'audacieuse et dérangeante L. Slimani de Chanson douce, on aurait pu espérer une fiction plus ''ébouriffante'', plus percutante, et pourquoi pas LE livre- référence sur les effets de la décolonisation dans la psychologie de la population marocaine ….
    Tous les espoirs du lecteur repose, pour le tome 2, sur les frêles épaules de Aïcha, l'enfant métisse dont la vie intérieure semble plus élaborée.....
    A suivre donc ….


  • par (Libraire)
    22 mars 2020

    « Le pays des autres » qui est aussi le nôtre

    Comme Alice Zeniter, qui avec le remarquable « L’art de perdre » revenait sur l’histoire algérienne familiale, Leila Slimani, l’autrice d’ »Une chanson douce », née à Meknès, entame, dans ce premier opus d’une trilogie, l’histoire largement biographique de sa grand-mère Mathilde.

    C’est la seconde guerre mondiale qui amena Mathilde, cette jeune alsacienne de dix neuf ans, à se retrouver près de Meknès, sur des hectares de pierre, de rocaille, qui vont devenir le lieu de sa vie. Elle a rencontré Amine, officier de spahis dans l’armée française, en est tombée amoureuse, l’a épousé, et l’a suivi de retour dans son pays. A l’image des paysages désertiques, que des colons français parviennent à exploiter, utilisant la main d’oeuvre locale, les débuts du roman sont un peu austères, les personnages errants et mutiques. La description minutieuse de la vie quotidienne de Mathilde dans un univers, qui lui est de plus en plus étranger, ralentit le rythme du récit. Mais, peu à peu, au fil des pages, Leila Slimani nous emmène avec elle à leur suite, nous invite à partager leurs souffrances, leurs aspirations. Elle déploie pour cela deux qualités majeures: l’empathie, l’absence totale de jugement.

    Ils prennent de l’épaisseur ces personnages au fur et mesure des évènements qui, même éloignés de la ferme d’Amine, sourd au bruissement de la révolte qui gronde, pénètrent peu à peu sur les hectares des champs d’olivier ou de tournesols brûlés. L’opposition brutale et frontale entre deux cultures, deux Dieux, deux pensées différentes, broie le quotidien et l’amour originel. Progressivement se dessine une incompréhension réciproque de deux époux, enfermés dans leur propre histoire, leur propre passé. Amine est rongé par sa volonté d’aimer librement Mathilde, un amour entravé par la nécessité de maintenir la tradition sacrée qui fait de lui, pense t’il, un homme. Mathilde, dont le mal être croît et qui pense même pouvoir revenir un moment en Alsace, elle, va mener un combat intérieur pour obtenir sa place dans ce monde de domination masculine. Sans connaissance médicale, elle ouvre une copie de modeste dispensaire.

    « Ils étaient deux excommuniés qui ne peuvent plus prier dans aucune église et dont le dieu est un secret, intime, dont ils ignorent jusqu’au nom ».

    L’écriture de Leila Slimani, prend toute son ampleur pour dire le désarroi de ces femmes qui veulent secouer ces décennies d’enfermement, de négation de soi. C’est à elles, ces mères, ces épouses, ces soeurs que l’on s’attache alors. Selma, la jeune belle soeur, rebelle, que l’on mariera de force à Mourad, un compagnon de guerre de son père. Ou encore Mouilala, la belle-mère, symbole d’une génération d’acceptation, de renoncement. Et Aïcha, la fille de Mathilde, intelligente et déjà pleine de questions et de révoltes, elle qui « croyait même que c’était pour cela qu’on avait inventé le maquillage. Pour masquer les coups des hommes ». Les hommes ne semblent guère plus heureux, empêtrés dans leurs contradictions, se lâchant juste par instant lors d’une baignade en mer ou de l’acceptation de quelques gestes d’amour. Ils sont lourds, comme lestés, collés au sol, loin de leurs aspirations réelles.
    La toile de fond de la montée du nationalisme dans ce protectorat français, complète ce tableau où Omar, jeune frère d’Amine, symbolise la révolte des indépendantistes, lui un être sombre qui fait partie de ces « hommes pleins de grands mots, des hommes bouffis d’idéal, qui à forcée grands discours avaient épuisé en eux toute forme d’humanité ». On devine que l’obtention de l’indépendance ne changera rien à la condition féminine.
    En évitant tout slogan, tout parti pris apparent, Leila Slimani poursuit avec ce livre le combat qu’elle mène partout depuis l’obtention de son prix Goncourt, celui de la lutte contre la domination masculine, l’obscurantisme religieux mais pour la liberté des moeurs, l’égalité des sexes. Un combat que le lecteur se réjouit de partager avec elle.

    Eric