Nathalie -.

Le parfum des fleurs la nuit
par (Libraire)
9 avril 2021

LE PARFUM DES FLEURS LA NUIT

Leila Slimani accepte cette commande de Stock pour la collection Ma nuit au musée. Elle se rend cependant un peu à reculons à la Pointe de la Douane à Venise, de ne pas se sentir à l'aise avec l'art contemporain, de penser au roman en cours d'écriture aussi.
Elle erre, se confronte aux œuvres de l'exposition Luogo e Segni ( lieu et signes) et peu à peu affluent les souvenirs du père, le choix de l'exil. Surgit une réflexion profonde et sincère sur l'écriture, la sienne, sa fonction même.
On perçoit l'être de contradiction, d’ambiguïté que l'auteure est. On saisit la femme assoiffée d'indépendance, de liberté.
Et le lien aux œuvres se dessinent peu à peu. De les lire, on imagine les voir.
C'est un ouvrage troublant, très agréablement surprenant.

Une Fêlure
13,00
par (Libraire)
9 avril 2021

LA FELÛRE

Conte qui dit les enfances ; celle espérée, celle vécue, celle pensée et repensée.
Toute la force de l'ouvrage réside dans le choix du conte, qui dit les enfances ; celle espérée, celle vécue, celle pensée et repensée.
Un texte court, des pages aérées, ce qui n'empêche pas la densité.
Peut-être même est-ce ainsi fait pour nous permettre de respirer, de reprendre notre souffle.
Du conte, on se trouve directement renvoyé à l'enfance, à celle imaginée, puis celle digérée par l'auteur, à la nôtre aussi, forcément, de comparer ou de seulement se remémorer.
Très vite, ça bascule.
Mais tous les contes évoquent l'horreur, n'est-ce pas ? Il permettent de transcender, ou d'apprivoiser ou de donner à voir à distance.
Un livre dont on se souvient parce que ce qui s'y écrit demeure impensable, inimaginable, véritablement brutal.

martha (ne) babel 235, OU LE MENSONGE DU MOUVEMENT

Ou le mensonge du mouvement

Actes Sud

5,60
par (Libraire)
5 avril 2021

Martha ou le mensonge du mouvement.

C'est un roman fait d'un long monologue, celui de Martha Graham imaginé par Claude Pujade-Renaud qui fut une de ses élèves, alors que Martha ne danse plus, ne parvient plus à créer.
Le texte est découpé en quatre parties (Respirer, Enfanter, Dérober, Expirer), elles-mêmes formées de courts paragragraphes qui font penser à des surgissements de pensées, de souvenirs, de sens donné a posteriori.
Pas besoin de trouver les images de la danse de Martha Graham comme perpétuelle exploration pour tenter de capter le sens du mouvement, pour saisir l'exigence imposée au corps comme matériau.
Peut-être ne faudrait-il pas chercher à dire ou savoir absolument ce que fouillé au-dedans et extirpé du corps ?
Martha a expérimenté, est sortie de toute convention, ne voulant en créer aucune, aurait toujours voulu percevoir le corps vierge de tout savoir, primitif, perpétuellement explorateur.
Le corps, fouillé à l'extrême, est outil à créer mouvement. Mouvement dont l'apothéose serait de faire oublier le corps.
C'est un texte dense, fait de fulgurances, intransigeant et questionnant. Y plonger, puis retourner y picorer, c'est explorer un monde que l'on croit peut-être découvrir ou connaître sans le savoir pourtant.

Les chats ne rient pas, Roman

Roman

Philippe Picquier

14,00
par (Libraire)
5 avril 2021

LES CHATS NE RIENT PAS

Les gens ne changent pas.

Renko, réalisatrice, invite Hayakawa, son ex-compagnon, scénariste, à venir dire adieu à Son, le chat qu'ils avaient décidé de garder lorsqu'ils vivaient ensemble, parce qu'il est sur le point de mourir.
Elle est aujourd'hui mariée à Miyata, journaliste.
Renko désire accompagner le plus longtemps possible Son mais elle est coincée par des contraintes professionnelles, tout comme son époux.
Spontanément, Hayakawa, qui est au point mort professionnellement propose de les aider auprès de Son.
Dans ce temps particulier, Hayakawa, et Miyata s'efforcent de trouver un équilibre, focalisés qu'ils sont sur l'accompagnement du chat vers la mort, sur le soutien qu'ils veulent offrir à Renko.
Chacun se retrouve face à soi, dans un temps à la fois intense et en suspension, comme une étape vers un après, l'après Son, à la fois triste et nécessaire.
Cet ouvrage a un charme discret, sans éclat et c'est tant mieux.
Il sonde en profondeur nos questionnements à vivre.

L'Eté de la sorcière

Kaho NASHIKI

Philippe Picquier

18,00
par (Libraire)
2 avril 2021

L'ÉTÉ DE LA SORCIÈRE

Mai ne veut plus aller au collège, rien que penser y retourner l'angoisse. Sa mère lui propose de passer quelque temps chez sa grand-mère, la Sorcière de l'Ouest.
Là, Mai, petit à petit, prend un nouveau rythme, celui de la vie au grand air. Elle trouve le sien propre. Elle s'ouvre sur ce qui l'angoisse. La sagesse, l'expérience de sa grand-mère lui sont d'une grande aide par l'écoute simplement.
Mai s'initie au savoir des plantes, s'émerveille, s'horrifie aussi de tous les possibles que porte la nature, ce monde que l'on sait à peine.
Dans ce très joli roman, les thèmes de la mort et l'après, de la connaissance de soi, d'une vie juste sont posés le plus simplement, abordés poétiquement. Tout ce qui n'est pas dit compte autant que ce qui l'est.
Ce livre est un chuchotement merveilleux.