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Sabine D.

Vie et œuvre de stephen crane

Actes Sud

28,00
par (Libraire)
17 octobre 2021

Un magistral tour de force !

Paul Auster réussit un véritable tour de force passionnant en s’intéressant à la vie de Stephen Crane, considéré comme le 1er moderniste américain bien que mort à 29 ans en 1900, en analysant son œuvre prolixe et multiforme (romans, nouvelles, poèmes, chroniques et articles de presse) et en décrivant le paysage américain entre 1871 et 1900, marqué par deux grands crimes : l’asservissement des Noirs-Américains et l’annihilation des Indiens. Stephen Crane est le dernier né d’une fratrie de 14 enfants dans une famille méthodiste fervente, dans le New Jersey. Il rédige son premier texte de fiction à 13 ans. Il s’intéresse très vite à différents mondes et devient, à 18 ans, chroniqueur pour des journaux. Grâce à une intuition innée des fonctionnements intimes de la psyché américaine et par extension de la société dans laquelle il vivait, il rédige de véritables commentaires sociaux. Bien que se démarquant de sa classe sociale par sa tolérance globale et son esprit égalitaire, il n’est pas épargné par les préjugés et les stéréotypes de l’époque. Sa pensée est plus nuancée et informée grâce à sa curiosité et l’appréhension du réel par l’immersion dans les milieux qu’il étudie (les mines de charbon de Pennsylvanie, la sécheresse dans le Nebraska, les guerres à Cuba, en Crète et à Porto Rico). Celui qui fut l’ami de Conrad, James, Wells et Conan Doyle, lorsqu’il s’exila en Angleterre et admiré par Ernest Hemingway, ne connut hélas pas de véritable gloire de son vivant. On devine l’admiration immense de Paul Auster pour ce jeune auteur, aux identités si diverses, qui n’était personne et devint quelqu’un, tout autant adoré que méprisé par beaucoup, qu’on oublia souvent et dont on se souvint plusieurs fois. Parsemé de nombreux extraits de sa production, on devine la prose crépitante, le regard tranchant et l’œuvre poignante de Stephen Crane. En attendant de se plonger dans ses ouvrages !

Christian Bourgois

21,00
par (Libraire)
10 octobre 2021

Simeon Brown, journaliste noir-américain, débarque à Paris en 1960, fuyant une situation tendue à Philadelphie, victime d’un passage à tabac par un policier. Il observe la société française qu’il trouve, au premier abord, bien différente de la société américaine raciste. Côté face, il se réjouit du cosmopolitisme de la capitale accueillante, des réseaux de solidarité existants et de sa rencontre amoureuse avec Maria, une jeune polonaise. Côté pile, il assiste, impuissant, à des scènes de violences policières envers les algériens dont la situation, dans le contexte de la guerre pour l’indépendance, lui rappelle celles des noirs-américains des ghettos. Le délit de faciès y sévit de la même manière. Sa rencontre avec Ahmed un jeune étudiant algérien dont la famille combat la France dans les rangs du FLN lui apprend les conditions de vie, dans le quartier de la Goutte d’Or, sans les familles, avec des boulots ingrats et sous-payés et l’existence de camps d’internement où disparaissent les plus récalcitrants. Jusqu’à ce 17 octobre 1961, où le FLN appelle à descendre dans les rues pour manifester pacifiquement contre le couvre-feu instauré par le gouvernement français pour les algériens. L'intérêt de ce roman réside dans le parallèle que l'auteur fait entre la condition des noirs-américains et celle des algériens, en abordant les questions sensibles du racisme, des préjugés des opprimés et des oppresseurs, de l’intégration et de la lutte anti-colonialiste. Très intéressante lecture d’une époque !

21,00
par (Libraire)
10 octobre 2021

Bouleversant et indignant !

Cette histoire s’inspire librement d’un fait divers survenu en 2017. Jacques Bonhomme fuit sa ferme d’élevage, le système d’agriculture intensive et productiviste, la bureaucratie déconnectée du réel et le monde paysan régulièrement endeuillé par des suicides de désespoir. A 36 ans, il veut retrouver son autonomie, son libre arbitre et s’affranchir des abrutissements générés par le système qu’il dénonce depuis qu’il en a cerné les effets pervers. Tout commence avec une série de contrôles de traçabilité, imposés par l’administration invasive, qui aboutit au confinement de ses bêtes et à une amende de 5000 euros et 3 mois de prison avec sursis, concourant à lui donner l’impression d’être un mauvais paysan. Le roman progresse en alternant entre le récit de sa cavale par le fugitif lui-même et les témoignages de son entourage qui reviennent sur l’engrenage fatal dans lequel l’éleveur s’est embarqué. L’auteure nous livre une histoire poignante sur le monde paysan qui, pris entre le marteau et l’enclume, a des relents d’infortune, renifle la honte et la misère, acculé à respecter des règles qui vont à sa perte.

14,50
par (Libraire)
10 septembre 2021

Très belle plume !

En Tunisie, un jeune adolescent de 15 ans s'adresse tour à tour au procureur du Tribunal devant lequel il comparaît pour faits graves, au psychiatre qui tente d'analyser sa violence et à son avocat qui tente de comprendre son cheminement vers l'inexorable. Ce texte court est réellement percutant, tout en paraboles sur la société et la culture de la Tunisie contemporaine, sur la rage de cette jeunesse sacrifiée dans un pays vicié malgré les espoirs d'un certain Printemps, les discours politiques ambiants et les apparences. Très belle plume !

Roman

Actes Sud

20,00
par (Libraire)
10 septembre 2021

Le mythe des Furies revisité avec talent !

Bérénice, jeune archéologue, dévoyée en trafiquante de pièces d’Antiquité, accepte une mission en Turquie. Ce séjour, à la frontière de la guerre en Syrie, va complètement bouleverser le cours de sa vie, par le hasard de trois rencontres sur le parcours de son retour en France : une fillette qu’une mère, réfugiée syrienne dans un camp lui confie, Asim, exilé syrien et faussaire de passeports qui lui transmet la mémoire de sa sœur, Taym, révolutionnaire, assassinée par les Djihadistes et Rokan, une combattante Pechmerga. L’auteure nous offre à la fois une réflexion profonde sur l’illusion de la fin de l’Histoire, sur les ressorts de la guerre et la quête de sens pour ces femmes vaillantes et résistantes, défenseuses de la liberté et pariant sur la vie. Rebelles, ces femmes survivent grâce à leur pulsion de vie, la maternité, la sororité, la solidarité mais aussi leur lucidité et pragmatisme. En revisitant le mythe des Furies, divinités romaines persécutrices, déesses de la vengeance, l’auteure raconte, avec talent, le désenchantement de l’histoire en Syrie et le courage d’une renaissance.