Mathilde A.

par (Libraire)
9 mai 2022

Aussi mystérieuse que légendaire, la malinche n'en était pas moins humaine, "détail" non négligeable ici redéfinit comme un prologue aux événements majeurs qui la rendront célèbre.

Controversée par l'Histoire, Malinalli apparaît sous la finesse du crayon d'Alicia Jaraba Abellan comme une jeune femme forte, volontaire et intelligente qui fait face aux épreuves les dents serrées et la tête haute.

Ce portrait féministe, hypothétique mais qu'on imagine sans effort proche de la réalité, porte tout un pan de la conquête de l'Amérique du sud. Il nous présente également des cultures ancestrales mises à bas par les conquistadors.

Mais c'est surtout le pouvoir pacificateur de la communication qui est célébré à travers ce personnage. Car, bien que submergée par les événements, ce sont sûrement plus d'un conflit qui ont été désamorcés grâce à La Malinche.

1

Dargaud

13,00
par (Libraire)
9 mai 2022

C'est aux côtés de guerriers farouches et déterminés à accomplir leur devoir que nous découvrons ici les codes sacrés du vikisme !

Ces valeurs, inculquées dès le plus jeune âge, sont ce qui les emmènent dans toujours plus de raids aussi glorieux que ce que vantent les légendes (à quelques rochers près).
C'est le récit d'une de ces fabuleuses expéditions qui nous est narré, le long de gags d'une à six cases.

Comique de répétition, clins d'oeil sur des sujets d'actualité et improvisation hasardeuse ... l'aventure se révèle aussi surprenante que prévue.

D'autant plus qu'avec ces petit.e.s personnages truculent.e.s, aux traits caricaturaux et au naturel franc souvent teinté d'une douce bêtise, on se laisserait presque attendrir si on n'était pas trop occupé.e à rire !

Karine Rennberg

ActuSF

20,90
par (Libraire)
27 avril 2022

Meute nous agrippe tout le long de ses quelques 500 pages. Narrations à la deuxième personne du singulier, temporalité au présent, pragmatisme de rigueur, vocabulaire familier ... Nous incarnons les personnages de ce roman choral dans une lecture brute mais aisée et relativement fluide.

Si Nath, Val et Calame évoluent dans univers où la violence est presque culturelle, ils n'en sont pas moins agréablement normaux, réalistes et humains (si l'on peut dire). Nul place aux êtres fantasmés que l'on trouve habituellement dans les romans lycanthropes. Leurs "failles" sont nombreuses et assumées. Ou sont en passe de l'être.

Dans ce récit concentré sur la naissance d'une meute et ses mécanismes, le rythme s'impose comme lent, quelque fois répétitif, bien que ponctué ici et là de combats et de mystères.
La position d'alpha est revisitée, révélant les responsabilités qu'elle impose, mettant à bas un idéal dominant. Et, en cela, Karine Rennberg a ajouté plus d'une pierre au mythe du loup-garou.

Vivement qu'elle en ajoute d'autres.

(nous, on a tué personne !)

Sarbacane

12,90
par (Libraire)
16 avril 2022

A travers un texte court et le regard déterminé de Samuel, les événements narrés se parent d'une poésie tranchante, lumineuse, chagrine et percutante.
Qu'il est touchant de se laisser porter par le tourbillon de réflexions de ces cinq garçons hors normes. L'enquête, à la surprenante conclusion, n'en devient que plus intrigante (au grand désarroi du capitaine de police perdu qui tient l'interrogatoire).
Mais peut-on en vouloir à ce dernier? De fait, face à leurs non-dits dévoilés au compte goutte, le.la lecteur.rice se retrouve tout autant dérouté.e que lui.
Car ce sont de bien âpres vérités que les enfants tissent de leurs mots. Et bien qu'attendri.e.s par ces suspens particuliers, on comprend rapidement, à l'instar de leur psychologue, que ce sont eux les "flamboyants" auquel se réfère le nom de l'institut.

Scholomance : leçon n° 1

Pygmalion

21,90
par (Libraire)
14 avril 2022

Etonnamment dense pour sa mise en page, Education Meurtrière nous plonge sans pincettes dans un univers fantasy complexe. Comme les bizuts de l'école Scholomance, nous nous retrouvons à nous débattre avec toutes les informations affluant de toute part, malgré la capacité d'analyses et les explications poussées de la narratrice, Galadriel.
Puis, les chapitres passant, nous accrochons au ton particulièrement mordant de cette dernière, à cette magie autant retorse que fascinante qu'elle étudie sans relâche, bon gré mal gré. Nous ressentons profondément les tensions du huis clos qu'est cet institut périlleux, sa volonté implacablement gourmande, et grimaçons d'horreur face aux malés y pullulant.
Mais ce rythme nous laissant tout juste respirer entraîne et remplit d'énergie (voire de mana) à l'instar de l'héroïne et de ses camarades. Et au dénouement des multiples enjeux qu'iels vont affronter, une seule question reste en suspens : à quand la suite ?