Laetitia .

Normal People

Éditions de L'Olivier

22,00
par (Libraire)
18 mars 2021

Un roman actuel et universel qu'on dévore du début à la fin.

Marianne et Connell ont grandi dans le même village Irlandais. Ils se connaissent depuis qu'ils sont enfants puisque Lorraine, la mère de Connell, travaille pour le compte de la famille de Marianne.
S'ils apprécient de plus en plus leurs échanges volés sur un coin de table en attendant la fin de service de Lorraine, il est hors de questions qu'ils s'adressent la parole au lycée. Connell n'est pas le plus riche, mais il est de loin le plus souriant, le plus accessible, en bref, le plus apprécié. Marianne, elle, est l'introvertie de service et sa répartie acérée perçue comme du mépris la met à l'écart.
Si ces quelques mots peuvent nous faire penser à de nombreux clichés déjà vus, c'est pour mieux nous tromper. Nous allons suivre Marianne et Connell dans leurs premiers pas d'adultes, du lycée à l'université. Nous découvrons au fur et à mesure la fascination qu'ils ont l'un pour l'autre, la force de leurs amours malheureuses, les barrières que dresse le sentiment de classe, mais surtout le respect et la tendresse qui traversent chacun de leurs échanges.

A la croisée des genres, entre roman victorien à la Jane Austen, comédie romantique, avec un petit quelque chose de Milan Kundera, Normal People explore les amours d'une jeunesse désabusée qui semble n'avoir plus que deux choix: s'accrocher à de grands idéaux pour essayer de trouver un sens à la vie et évoluer, ou bien fuir en avant et répéter les mêmes comportements que leurs parents au risque de stagner. La confusion règne.
Sally Rooney, autrice Irlandaise reconnue mondialement pour son premier roman "Conversation entre amis", nous offre avec "Normal People" un roman universel, fort, simple, d'une justesse étonnante et d'une grande intelligence.

Défriche coupe brûle

Anne-Marie Métailié

21,50
par (Libraire)
16 mars 2021

"Défriche Coupe Brule" nous parle de trois générations de femmes. On ne connait pas leurs noms, tout comme on ne connait pas ce pays qui a été ravagé par la guerre.

On apprend seulement le destin, la personnalité, les valeurs des personnages qui peuplent le roman.
La protagoniste est tantôt "la mère", tantôt "la fille". Fille, elle a pris part à la guerre, dans la résistance. Elle a rejoint son père et ses frères en montagne pour défendre son pays. Elle était respectée, crainte et elle n'a jamais été aussi proche d'être considérée à l'égal des hommes… Elle ne le sera jamais autant. Mère, après la guerre, elle continue de vivre "en marge". Elle élève seule ses filles, elle ne veut rien devoir à personne et cela suscite la méfiance.
Chacune des ces filles, pour certaines devenues femmes, va défier, à sa manière, les normes qui lui sont imposées. Elles prennent toutefois soin de préserver ce qu'on leur a transmis. Le lien qui les unit fait leur force, une force qui évolue et se solidifie avec le temps. Une force et une volonté qui leur permettront de vivre et survivre.

Ce très beau premier roman de la Salvadorienne Claudia Hernàndez nous transporte dans un village en reconstruction, à la rencontre de ses habitants qui tentent de reprendre de nouvelles habitudes et une vie paisible après avoir connu le pire. Un roman qui met à l'honneur les femmes et leur puissance, l'importance des liens intergénérationnels et l'espoir qui se révèle salvateur.

Constellations, Éclats de vie

Éclats de vie

Sinéad Gleeson

Table Ronde

22,00
par (Libraire)
24 février 2021

Commencer la lecture de Constellations, c'est s'apprêter à poser un nouveau regard sur le corps. Le découvrir, le penser, l'analyser. Le corps souvent meurtri, souvent malade, mais toujours combattant. C'est réfléchir à ce vaisseau, en ressentir le moindre craquement, mais se sentir vivant. Surtout.
"Les éclats de vie" de Sinead Gleeson sont les siens, elle nous parle des épreuves: l'arthrose juvénile, le lymphome, la grossesse, le corps qui lâche, mais bien souvent celui qui tient. Elle étudie les os, les cheveux, les artères mais fait de ses expériences des récits universels. Parce que ce dont nous parle Sinead, c'est aussi de l'hôpital et du refus d'être plus patient qu'humain. C'est aussi des femmes, les invisibles, ces "femmes hantées qui nous hantent", et celles dont on connaît le destin incroyable et qui l'ont influencée. Engagée, Sinead Gleeson nous raconte la féminité dans une Irlande encore paralysée par les traditions.
Avec ce livre, composé de treize textes et d'une "non-lettre" à sa fille, Sinead nous délecte par le contraste entre la délicatesse de son écriture et la rudesse de l'existence. En portant son regard sur l'intime, Sinead Gleeson dirige le nôtre à l'intérieur de nous-même pour y puiser force, patience et sagesse. Magnifique livre de la résilience dans lequel les étoiles transcendent les ténèbres et illuminent la nuit.

Migrations, Roman
21,90
par (Libraire)
22 février 2021

De grandes aventures dans un roman pré-apocalyptique.

Franny Stone est consciente que le monde dans lequel elle vit risque de basculer à tout moment: l'extinction de masse s'est emballée, on compte très peu d'espèces sauvages encore vivantes. Dans ce contexte, elle souhaite suivre l'ultime migration des Sternes Arctiques.
Pour cela, elle met ses convictions de côté et monte à bord du Saghani, l'un des derniers bateaux de pêche encore autorisés à naviguer.
C'est alors que nous embarquons pour une aventure aussi palpitante que périlleuse, accompagnés d'un équipage attachant et plein de contradictions. Contradictions que nous retrouvons chez la mystérieuse Franny, notre narratrice, dont nous découvrons toutes les subtilités et le passé. Ses réelles motivations vont se révéler petit à petit...

Grand roman sur l'affranchissement et la culpabilité, "Migrations" est un livre captivant et déroutant: nous apprécions le voyage, mais nous aimons moins le futur possible qui y est décrit.
Charlotte McConaghy, scénariste Australienne, dont il s'agit là du premier roman, nous offre ici un très beau texte sur la réappropriation de soi et de son identité, une ode à la liberté et aux grandes étendues d'une eau impétueuse et glacée.

Kentukis
20,00
par (Libraire)
6 février 2021

Les Kentukis sont des peluches terriblement mignonnes. Tout réside dans le mot terriblement. En réalité, elles sont dotées de caméras: quelqu'un, n'importe où dans le monde, peut contrôler cette peluche et voir à travers ses yeux.
Les Kentukis connaissent rapidement un grand succès, et le monde semble petit à petit se diviser en deux. D'un côté, il y a les "maitres", ceux qui possèdent physiquement le Kentukis et qui aiment être accompagnés, regardés, par la peluche. De l'autre, il y a ces humains invisibilisés, "bêtifiés", dépendants, qui mettent leur vie réelle entre parenthèses et réarrangent leur quotidien pour incarner le Kentukis.
Mais ce jeu, entre exhibition et voyeurisme, peut être aussi adorable que dangereux.

Nous suivons des personnages de toutes origines, de milieu et d'âge divers et variés. Grâce au rythme haletant porté par cette succession de portraits, nous comprenons les différents enjeux soulevés par une telle invention. Samantha Schweblin met au cœur de son roman la question de l'intimité, mise à mal par les nouvelles technologies. Elle interroge l'aliénation qui résulte de notre besoin de voir ou au contraire de notre besoin d'être vu et de montrer.